| Titre : |
C'était Senghor |
| Type de document : |
texte imprimé |
| Auteurs : |
Simon Njami (1962-....), Auteur |
| Editeur : |
[Paris] : Fayard |
| Année de publication : |
impr. 2006 |
| Autre Editeur : |
72-La Flèche : Impr. Brodard et Taupin |
| Importance : |
1 vol. (326 p.-[4] p. de pl.) |
| Présentation : |
ill., couv. ill. |
| Format : |
24 cm |
| ISBN/ISSN/EAN : |
978-2-213-62976-6 |
| Prix : |
22 EUR |
| Note générale : |
Bibliogr. p. 317-320. Index |
| Langues : |
Français (fre) |
| Mots-clés : |
Senghor Biographies |
| Index. décimale : |
A.05.1 Biographie-Autobiographie (Mémoire d’auteurs et Confessions d’auteurs) |
| Résumé : |
Aujourd hui chacun s arroge le droit de se prononcer pour ou contre Senghor. J ai moi-même pris, pendant quelque temps, l habit du censeur et du critique irréductible. Je me suis cru, dans mes jeunes années, autorisé à porter mon regard sur un homme, qui symbolisait à mes yeux l Afrique contemporaine, et à juger ses hésitations, ses manquements, ses approximations, ses complexes, comme la cause essentielle du bourbier dans lequel se débat l Afrique aujourd hui. Senghor avait été président de la République d un de ces Etats africains nouvellement créés, dans les années 60. Il avait participé, avec les Houphouët-Boigny, Modibo Keita et Nkwame N krumah, au rêve d un autre monde, et s était heurté au mur implacable de la réalité. Mais au fond, que savais-je de Senghor hormis ces données factuelles, dont tout le monde pouvait disposer : la Négritude, les indépendances, l Académie. Il est temps de se débarrasser des flatteries tardives, des reproches injustifiés et de s intéresser, ne serait-ce que pour une fois, à l homme. Né en 1906, il est le fruit de son temps et le destin qu il se forge celui de hasards, de calculs, d intuitions. Mais tenter de le comprendre sans aborder les deux guerres mondiales, les guerres algériennes et indochinoises, les mouvements des droits civiques aux Etats-Unis ou la révolution cubaine reviendrait à parler du poète comme d un Homme qui a bâti sa légende hors de tout contexte. Il ne s agit pas ici de légendes, mais de vie. L une des obsessions senghoriennes était le rapport de la France avec ses anciennes colonies. Les événements récents qui ont secoué la France, les questions de l immigration, de l esclavage ou de la colonisation, de la Côte d Ivoire, des anciens combattants harkis et des banlieues procèdent toutes, d une manière ou d une autre, d une histoire que, ni les Français, ni les Africains n ont jamais eu le courage d affronter avec la lucidité indispensable à des nations adultes. De tout cela, Senghor avait eu l intuition. Dans le contexte d un autre siècle et d un autre millénaire, mais dont les échos, entêtants, résonnent encore avec une violence assourdissante. |
C'était Senghor [texte imprimé] / Simon Njami (1962-....), Auteur . - [Paris] : Fayard : 72-La Flèche : Impr. Brodard et Taupin, impr. 2006 . - 1 vol. (326 p.-[4] p. de pl.) : ill., couv. ill. ; 24 cm. ISBN : 978-2-213-62976-6 : 22 EUR Bibliogr. p. 317-320. Index Langues : Français ( fre)
| Mots-clés : |
Senghor Biographies |
| Index. décimale : |
A.05.1 Biographie-Autobiographie (Mémoire d’auteurs et Confessions d’auteurs) |
| Résumé : |
Aujourd hui chacun s arroge le droit de se prononcer pour ou contre Senghor. J ai moi-même pris, pendant quelque temps, l habit du censeur et du critique irréductible. Je me suis cru, dans mes jeunes années, autorisé à porter mon regard sur un homme, qui symbolisait à mes yeux l Afrique contemporaine, et à juger ses hésitations, ses manquements, ses approximations, ses complexes, comme la cause essentielle du bourbier dans lequel se débat l Afrique aujourd hui. Senghor avait été président de la République d un de ces Etats africains nouvellement créés, dans les années 60. Il avait participé, avec les Houphouët-Boigny, Modibo Keita et Nkwame N krumah, au rêve d un autre monde, et s était heurté au mur implacable de la réalité. Mais au fond, que savais-je de Senghor hormis ces données factuelles, dont tout le monde pouvait disposer : la Négritude, les indépendances, l Académie. Il est temps de se débarrasser des flatteries tardives, des reproches injustifiés et de s intéresser, ne serait-ce que pour une fois, à l homme. Né en 1906, il est le fruit de son temps et le destin qu il se forge celui de hasards, de calculs, d intuitions. Mais tenter de le comprendre sans aborder les deux guerres mondiales, les guerres algériennes et indochinoises, les mouvements des droits civiques aux Etats-Unis ou la révolution cubaine reviendrait à parler du poète comme d un Homme qui a bâti sa légende hors de tout contexte. Il ne s agit pas ici de légendes, mais de vie. L une des obsessions senghoriennes était le rapport de la France avec ses anciennes colonies. Les événements récents qui ont secoué la France, les questions de l immigration, de l esclavage ou de la colonisation, de la Côte d Ivoire, des anciens combattants harkis et des banlieues procèdent toutes, d une manière ou d une autre, d une histoire que, ni les Français, ni les Africains n ont jamais eu le courage d affronter avec la lucidité indispensable à des nations adultes. De tout cela, Senghor avait eu l intuition. Dans le contexte d un autre siècle et d un autre millénaire, mais dont les échos, entêtants, résonnent encore avec une violence assourdissante. |
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